Post-mortem

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Cher-e-s collègues,

Après de longues discussions sur le document GB.337/PFA/1/2 relatif aux incidences financières de l’arrêt du TAOIT concernant l’indice d’ajustement révisé pour Genève, le Conseil d’administration a décidé « de demander au Bureau de consulter le Syndicat du personnel du BIT sur toute proposition ayant des conséquences sur les conditions de travail ou d’emploi du personnel, par le dialogue social interne et conformément au Statut« .

L’évolution de la situation depuis l’adoption de cette décision semble contredire toutefois ce mandat.

Lundi dernier, le DG a tenu une séance à huis clos avec les gestionnaires sur la mise en œuvre de mesures de réduction des coûts par la réduction, entre autres, des frais de déplacement et de formation. Le Syndicat du personnel n’a ni été invité, ni informé officiellement de ces nouveaux développements. Le DG a, semble-t-il également annoncé qu’il n’y aurait pas de gel de postes, mais nous recevons cependant des informations contradictoires indiquant que des postes vacants sont mis en attente.

Par ailleurs, nous avons assisté depuis quelques jours à une succession rapide d’IGDS publiées sur des questions liées à l’éthique et aux lanceurs d’alerte sur lesquelles soit aucune consultation en bonne et due forme n’a pris place, soit la demande de concertation formelle par le Syndicat a été complètement ignorée en publiant de facto l’IGDS.

Toutes ces décisions ont des répercussions sur le personnel, mais la direction n’a pas jugé bon d’en informer le Syndicat du personnel à l’avance. Pour chaque sujet mentionné ci-dessus, il existe des entités paritaires statutaires appropriées où les parties devraient discuter de ces questions, et le fait de les ignorer n’est pas un signe de bonne foi. Les consultations permettent d’éviter de futurs conflits, de minimiser l’impact sur le personnel et d’aider à identifier les lacunes. Par exemple, le Syndicat serait à même d’identifier des mesures qui permettraient de réduire les coûts, comme la réduction des retraites coûteuses de certains services en cette fin de biennium.

C’est toujours la même histoire : l’administration prend des décisions unilatérales sur des sujets qu’elle estime n’avoir aucun impact sur le personnel. Un droit effectif à la négociation inclut le droit de demander à négocier : il est difficile de croire que les dirigeants de l’organisation chargée de faire la promotion du dialogue social mondialement ne reconnaissent pas cette évidence.

Il est temps que le dialogue social interne prenne toute sa place au centre de l’agenda du travail décent dans la maison mère du Travail et ce particulièrement l’année de son centenaire. Soyez assurés que votre syndicat est prêt à prendre position en faveur de ce processus interne et utilisera tous les moyens à disposition pour le faire respecter.